Accueil Actualités Parcours du général de Gaulle

Parcours du général de Gaulle

UN DESTIN DE L’HISTOIRE : LE MÉMORIAL CHARLES DE GAULLE A ORGANISÉ UNE EXPOSITION SUR L’EXTRAORDINAIRE PARCOURS DU COLONEL PUIS GÉNÉRAL DE GAULLE, DEVENU EN QUELQUES SEMAINES UN PERSONNAGE POLITIQUE IMPORTANT DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ALORS QUE LA FRANCE S’EFFONDRAIT, À LA SUITE D’UNE SÉRIE D’ERREURS STRATÉGIQUES ET TACTIQUES, MILITAIRES ET POLITIQUES.

L’ascension politique du général de Gaulle s’est jouée au cœur d’un débat sur l’évolution de la technique militaire. Par ses écrits, il avait su y intégrer une vision personnelle et pertinente de l’évolution du monde moderne, avec la montée en puissance de la force mécanique. Ce parcours ultra-rapide vers les plus hautes fonctions d’un officier méconnu du grand public se devait d’être analysé dans toute sa complexité mais avec un langage compréhensible par tous, y compris par de jeunes visiteurs. En ce domaine, l’essentiel est une question de bon sens conjugué à de bonnes informations à la fois intelligentes et fondamentalement simples. À partir des faits concrets de la Guerre de 1940, l’exposition va nous présenter une explication des fondamentaux de la réflexion stratégique en période de crise, militaire ou civile. Cela apparaît en filigrane au fur et à mesure de l’exposé : la frontière entre la guerre et la politique n’est qu’apparence. Comme l’écrivait Clausewitz, la première n’est que la continuation de la seconde par d’autres moyens.
Une destinée exceptionnelle
Doit-on considérer la création de la France Libre comme un appel du destin débutant par l’Appel du 18 juin à la B.B.C., ou bien est-ce le fruit du hasard et des circonstances ? Dieu ne joue pas avec les dés, disait Albert Einstein qui n’a jamais pu prouver cette affirmation. Car la politique et son parcours marqué de drames ne ressemblent en rien à un laboratoire scientifique de la relativité. Peut-on occulter le hasard lorsque l’on parle d’un soldat comme de Gaulle, à la merci d’une balle perdue, dès qu’il se trouve sur la ligne de front ? On ne peut nier le rôle de la chance dans la vie d’un officier général ayant quelques semaines auparavant commandé au feu ses troupes, après avoir été dans sa jeunesse un rescapé des tueries des fantassins, du début de la guerre de 1914 jusqu’à celles de Verdun.
Ce rôle du hasard est une des plus belles choses de l’aventure gaullienne. Elle est l’essence même de sa tragédie et de son honneur. Les prises de risque de Charles de Gaulle tout au long de sa vie expliquent comment se sont forgés ses raisonnements et son Appel du 18 juin 1940. Ce serait une restriction de voir en lui seulement une destinée qui devait arriver de toute façon. Il n’était pas un homme invincible, mais un soldat gaulois, de la vieille terre de France, des marches de l’Est et du Nord de notre pays, de cette partie de la France plus belge que celte, si l’on s’en reporte à la classification de César dans La Guerre des Gaules. Comme dans toutes les tragédies, il fut soumis plus que la moyenne de ses contemporains aux aléas de la vie, aux incertitudes de la guerre et de la politique en temps de guerre. Il a toujours été un fantassin de la première ligne, fait pour prendre des coups, se battre avec une forte probabilité de mourir. C’est en prenant ces risques de guerrier chaque fois que l’occasion s’en est présentée qu’il a pu forger sa remarquable connaissance de la vie, lui permettant ainsi d’accomplir sa destinée historique