
L’événement phare qui va marquer en 2026 le château de Malmaison est sans conteste l’achèvement du chantier de clos et couvert
conduit depuis près de quatre ans sous maîtrise d’ouvrage de l’OPPIC, en lien étroit avec
la Ministère de la Culture et la Conservation du musée du château de Malmaison, et sous maîtrise d’œuvre de François Jeanneau, architecte en chef des Monuments historiques : une architecture
retrouvée, comme au temps de Percier et de Fontaine. Ce renouveau architectural s’accompagne comme les années précédentes d’une programmation scientifique et culturelle diversifiée qui s’attache à mettre en valeur les thématiques napoléoniennes ou des œuvres phares des collections.
Photo : Bonaparte, Premier Consul,distribue un sabre d’honneur aux grenadiers de sa garde après la bataille de Marengo. (esquisse) Antoine-Jean
Gros (1771-1835) 1801 Huile sur toile h. : 42 cm ; l. : 33 cm Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau
© GrandPalaisRmn (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau) / Franck Raux
Elisabeth Caude

Vue du château de Malmaison depuis l’allée centrale avant restauration © Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau / Sophie Lloyd
À MALMAISON, LE PREMIER CONSUL À MARENGO
À partir du 18 mars, le musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau présente, au sein de son parcours permanent, une exposition-dossier autour de l’une des œuvres importantes d’Antoine-Jean Gros (1771-1835), dédiée à la bataille de Marengo. En confrontant l’esquisse et le tableau final conçus à deux années d’intervalle, l’exposition invite le public à observer les écarts formels et iconographiques entre les deux versions. Cette mise en regard révèle l’évolution de la représentation de Bonaparte et les enjeux politiques qui président à la réalisation de l’œuvre entre 1800 et 1802.
Interprète majeur de la geste napoléonienne depuis la campagne d’Égypte, Antoine-Jean Gros reçoit commande d’un tableau commémorant la bataille décisive de Marengo, victoire qui permet de repousser pour la seconde fois les Autrichiens hors d’Italie. L’esquisse peinte est présentée au Salon des artistes vivants à l’automne 1801 : elle a été acquise en 2024 grâce à la générosité exceptionnelle du Fonds du Patrimoine. Quant au tableau final, déposé par le musée du Louvre à Malmaison depuis 1969, il avait été présenté au salon de 1802. Il a bénéficié en 2024 d’une restauration fondamentale au Centre de recherche et de restauration des musées de France.
Les différences entre les deux œuvres se révèlent particulièrement significatives et témoignent d’un moment clé de l’ascension politique de Bonaparte. Dans l’esquisse, le général décerne un sabre d’honneur à un grenadier méritant au lendemain de la bataille ; dans le tableau final, le soldat tient désormais l’arme en main, tandis que le Premier Consul apparaît distant, en surplomb.

Entre les deux réalisations, la création de la Légion d’honneur, qui rend obsolètes les armes de récompense, et le plébiscite instaurant le Consulat à vie modifient profondément la nature du pouvoir. Là où l’esquisse figure un chef reconnaissant la bravoure de ses soldats, le tableau final s’impose comme un portrait équestre du premier personnage de l’État. Bonaparte entend fixer durablement cette effigie en commandant, en 1806, une tapisserie d’après la peinture finale aux Gobelins. D’autres écarts, tant dans la composition que dans le traitement des figures, sont volontairement laissés à l’observation des visiteurs. La confrontation est enrichie par la présentation de la tapisserie, prêt du Mobilier national et d’un portrait en pied peint par Gros en 1802, prêt du Musée de la Légion d’honneur, destiné à diffuser l’image officielle du Premier Consul dans différentes institutions du territoire.
Photo : Bonaparte, PremierConsul, distribue des sabres d’honneur aux grenadiers de sa garde après la bataille de Marengo Manufacture des Gobelins, d’après Antoine-Jean Gros (1771-1835)Tissage : juillet 1806 – décembre 1810 h. : 3,23 m ; l. : 2,61 m Paris, Mobilier national
© GrandPalaisRmn / Gérard Blot. Au château de Malmaison du 18 mars au 6 juillet : Le Premier Consul à Marengo d’Antoine-Jean Gros
MALMAISON, UNE ARCHITECTURE RETROUVÉE

Vue du château de Malmaison après restauration du clos et du couvert, des huisseries et façades © Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau / Elisa Pelipenko
Depuis plus de quatre ans, le chantier de restauration du clos et couvert de Malmaison s’attache à restaurer les charpentes, à reprendre en
totalité les couvertures d’ardoise qui n’étaient plus étanches, assurant ainsi un effet visuel harmonieux, à restaurer portes et huisseries en choisissant pour leur dessin de se référer aux documents iconographiques de l’époque de l’Impératrice. C’est ainsi que les ouvertures du rez-de-chaussée sur cour ont retrouvé leur répartition en grands carreaux d’origine. A ces objectifs s’en est ajouté un autre, celui de faire disparaître l’enduit au ciment avec fausse découpe de pierres qui recouvrait les façades depuis 1936 ; cet enduit disgracieux assombrissait considérablement les élévations en les ternissant mais empêchait surtout les murs de respirer ; en favorisant les remontées capillaires, il menaçait ainsi de dégradations irrémédiables les décors peints par Louis Lafitte dans la salle à manger. Dorénavant c’est un protocole de
trois couches de plâtre qui recouvre les murs de moellons. Sa teinte couleur teintée pierre de taille se fond avec les pierres de taille d’origine employés pour les piédestaux élevés en 1800 par Percier et Fontaine pour étayer les élévations des façades. Enfin les joints longitudinaux qui scandent les élévations suivent avec précision les sources iconographiques de l’époque sur lesquelles on les distingue très nettement, plus
ou moins creusés selon les parties du bâtiment.
Cette ambitieuse campagne de restauration a aussi englobé la reprise dans sa totalité de la tente conçue par Percier et Fontaine et reconstruite sous le Second Empire, la restauration des murs des douves sèches et la reprise dans sa totalité de la couverture en tuiles plates des dépendances, dont les écuries aménagées par Jonas Hagerman, acheteur de Malmaison en 1828.
Le défi de ce chantier réside aussi dans le fait qu’en dépit de la petite taille de Malmaison et de l’étroitesse des chemins de circulation, le château n’a jamais fermé au public durant ces quatre années, objectif qui a mobilisé toutes les équipes aussi bien du chantier que celles internes de la Conservation, de la Régie et de l’Accueil et Surveillance. Le public a donc pu être acteur du suivi de cette restauration qu’il plébiscite.
Enfin, autre défi, l’ensemble des espaces muséaux a fait l’objet d’un vaste chantier de micro-aspiration et de nettoyage mené au début de 2026 durant dix jours, chantier qui a mobilisé, outre les équipes du château, une dizaine de restaurateurs et de spécialistes de la conservation préventive afin de redonner tout son lustre aux intérieurs et aux collections, souvent empoussiérés par ces mois de chantier en dépit des
protocoles efficaces mis en place.
À BOIS-PRÉAU, ROSES & PIVOINES

Pour accompagner l’achèvement du chantier de restauration de Malmaison, le choix s’est porté sur une thématique qui parle à la fois de Joséphine et des jardins de la demeure et qui soit l’occasion de renouveler l’offre. C’est ainsi qu’est née cette mise en perspective et en résonance de deux œuvres artistiques fondées sur un dialogue entre Pierre Joseph Redouté et Thilo Westermann, artiste contemporain dont la démarche est elle-même à la croisée entre réinterprétation de Redouté et
observation de la nature.
Entre Pierre-Joseph Redouté (Saint-Hubert [Belgique], 1759 – Paris, 1840) et Thilo Westermann (né en 1980 à Weiden, en Haut-Palatinat) Pierre-Joseph Redouté se forma à la peinture et commença sa carrière comme peintre de décor et de fleurs. Il s’établit à partir de 1785 auprès du botaniste Charles-Louis et cette collaboration
conduisit à plusieurs publications remarquables, tel le Stirpes novae, décrivant les raretés du Jardin du Roi (actuel Jardin des Plantes). Parallèlement, le peintre Van Spaendonck l’initia à l’aquarelle sur vélin et l’associa à l’enrichissement de la collection des vélins, noyau du futur Muséum d’histoire naturelle. Pierre-Joseph fut nommé illustrateur de la classe de physique et mathématique de l’Institut en 1793.
Photo : Pierre-Gabriel Langlois, l’Aîné (1754-1812), d’après Pierre Joseph Redouté (1759-1840), « Rosia Gallica » ou « Rosier Evêque », Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau © GrandPalaisRmn (musée des châteaux de Malmaison etde Bois-Préau) / Franck Raux
Un dialogue entre deux techniques

Le vélin, obtenu à partir de peaux de veaux, offre un support plus lisse que le papier. S’il se conserve mieux sur le long terme, il est long à réaliser, donc coûteux, et sensible à l’humidité. Il ne supporte pas les repentirs ; sur ce support, la peinture doit être plus sèche et être posée en plusieurs couches. Cependant les couleurs y apparaissent plus vives. La Collection royale de vélins – botaniques et zoologiques –, débutée par Louis XIII, passa dans celles du Muséum à la Révolution. Van Spaendonck
ajouta cinquante pièces à la collection entre 1781 et 1789, avant que Redouté, son élève dans ce domaine, ne prît sa suite. Le premier avait choisi de remplacer la gouache par l’aquarelle, ce que son suiveur perpétuera. Redouté avait une préférence
pour ce support, qui participait de son prestige. Malgré des prix de vente élevés, l’impératrice Joséphine, sa plus importante mécène, n’hésita pas à lui acheter de nombreuses aquarelles sur vélin.
De son côté, Thilo Westermann procède par défaut : il fait émerger le dessin d’un retrait point par point du revêtement de peinture noire appliquée sur une plaque de verre, au moyen d’une pointe à graver. Les petits points sont rendus visibles grâce
à une couche de peinture blanche appliquée à la fin du travail de retrait;
Photo : Thilo Westermann, Etude d’une rose, 2025, crayon de couleur sur papier permanent, 19 x 14 cm, © 2026 Thilo Westermann/VG Bild-Kunst, Bonn
Ils suggèrent l’espace, la profondeur et l’ombre. Une fois achevée, l’œuvre est numérisée et agrandie avant d’être imprimée en un unique exemplaire. Dans ce format agrandi, le motif se décompose en ses éléments constitutifs : les points se révèlent comme des éléments appliqués à la main et dévoilent, un à un, le geste créatif de l’artiste et, ainsi, la genèse de l’œuvre. À Joséphine, les roses ; à Thilo Westermann, les pivoines Au XVIII e siècle, la rose, fleur noble, devint le principal ornement des jardins à l’anglaise et, dans une mesure moindre, des meubles, des tissus d’intérieur et même des coiffures.
Les roses, originaires du Moyen-Orient, étaient depuis longtemps présentes en Europe, mais de nouvelles variétés favorisèrent son expansion ; celles-ci furent importées de Chine et d’Inde, principalement par des explorateurs britanniques. En créant la plus grande roseraie d’Europe, l’impératrice Joséphine joua un rôle non négligeable dans cet engouement. Durant les seules années 1808-1809, le pépiniériste
André Dupont livra 2500 rosiers à Malmaison. L’Impératrice fut probablement aussi l’inspiratrice de l’ouvrage majeur Les Roses (1817-1824), hommage posthume du botaniste Thory et de l’artiste-illustrateur Redouté à Joséphine. La passion de Thilo Westermann pour les pivoines prend ses racines dans l’enfance. Dans le jardin familial, il vivait l’éclosion de ces grandes corolles parfumées comme un miracle. Il collectionnait avec ferveur des images tirées de catalogues horticoles,
découvrant tôt la diversité de couleurs et de formes propre à cette fleur. Plus tard, l’étude de l’histoire de l’art et de la philosophie tout comme l’observation attentive des décors des porcelaines chinoises anciennes l’ont conduit à s’intéresser à l’évolution de la pivoine, à ses usages culturels et aux récits autour de la création de nouvelles variétés.

Photo : D’après Pierre Joseph Redouté (1759-1840), « Rosia indica » ou « Rosier du Bengale (Cent feuille) », Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, M.M.40.74.579, © GrandPalaisRmn (musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau) / Franck Raux
L’illustration botanique
On oublie de nos jours l’importance des planches illustrant les ouvrages savants qui permettaient de constituer des répertoires montrant l’état des connaissances relatives à telle ou telle variété, de fixer un état de la fleur dans sa plénitude, de prendre rapidement connaissance du sujet et de faciliter l’identification des plantes. Sont rassemblés des dessins et études de roses et pivoines de Redouté ainsi que des gravures supervisées par lui en vue de leur publication dans des ouvrages de botanique. Certaines livraisons, rehaussées à l’aquarelle, devinrent des livres d’exception.
P.-J. Redouté apprit l’exigeante technique de la gravure au pointillé à Londres, auprès de Francesco Bartolozzi. Le point y remplaçait la taille – donc le trait et la hachure –, permettant de mieux rendre les ombres et les demi-teintes que le burin. Cette technique très précise et longue à mettre en œuvre apportait une luminosité des couleurs et une souplesse des formes, au plus près de l’original. L’artiste améliora le pointillé par la roulette, doublée d’une impression couleur dans laquelle les encres étaient appliquées en un seul passage. Redouté fut le premier à appliquer cette technique à la botanique et à la perfectionner.
Élèves et arts appliqués
Redouté ne travailla pas seulement pour la science botanique. Il entendait également fournir « des modèles gracieux pour les peintres-décorateurs et les fabricants », modèles souvent utilisés dans la porcelaine de luxe, tel le service à dessert commandé par l’impératrice Joséphine d’après le recueil des Liliacées. Durant les années 1820 -1830, il multiplia les bouquets à l’intention d’une riche clientèle. Il
développa l’enseignement lors de cours particuliers et collectifs. « Maître d’iconographie botanique » au Muséum à compter de 1822, Redouté prodigua de même, à son domicile, un enseignement sur les bouquets très suivi par un public avant tout féminin, dont des personnalités telles que la reine Hortense ou la duchesse Marie-Amélie, reine à partir de 1830.
LE FESTIVAL DES PREMIERS ROMANTIQUES

Depuis 2022, La Nouvelle Athènes et le musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau proposent des concerts tout au long de
l’année ainsi qu’un festival au printemps. Véritable trait d’union entre hier et aujourd’hui, ce partenariat culturel offre au public une programmation de haut niveau dans un lieu historiquement lié à la musique, tant les collections du musée donnent à voir la passion de l’Impératrice et de sa fille pour la musique (harpe Cousineau de Joséphine et piano carré Érard d’Hortense). Du 22 au 25 mai 2026, La
Nouvelle Athènes et le musée unissent leurs voix pour la quatrième édition du Festival des Premiers Romantiques. Pensée cette année comme une ode aux relations entre l’Homme et la Nature, la programmation musicale, riche et audacieuse, invite le public à découvrir, ressentir et expérimenter les émotions des premiers romantiques français et allemands, dans un écrin privilégié où art et nature se sont toujours épanouis en harmonie.
Faire revivre la musique des premiers romantiques français grâce aux musiciens de La Nouvelle Athènes s’inscrit dans une logique naturelle. Par une
interprétation sur instruments d’époque, les artistes cherchent à apporter une relecture historiquement informée de ces répertoires d’apparence simple,
mais dont l’exécution invite à mobiliser toute une connaissance de l’ornementation, de l’art du rubato et de la variation des accompagnements.
Cette 4 e édition invite le public à s’imprégner de différentes perceptions de la nature à travers sept concerts et une journée d’étude.
Photo : Concert donné à l’occasion du 2e Festival des Premiers Romantiques, dans l’orangerie de Bois-Préau, en 2024 © Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau / Émilie Bouissou
La balade s’ouvre sur l’esthétique française, messagère de la sensibilité du vivant et miroir de nos émotions. Elle se poursuit avec l’esthétique
allemande, dans laquelle la nature s’anime de forces mystérieuses — ces féeries ou märchen — et dont les langues, pareilles aux accords
d’une harpe éolienne, murmurent une « musique » que le poète seul peut déchiffrer. Des pièces contemporaines font ensuite entendre les sons des insectes pollinisateurs, si précieux à la vie, tandis qu’une sérénade en plein air évoque les oiseaux et la chasse…La thématique 2026 du festival entre en résonance avec Le Printemps de Malmaison, une saison culturelle ponctuée de grands rendez-vous : redécouverte de l’architecture du château après quatre ans de restauration, exposition Roses & Pivoines du 13 mai au 3 août, baptême d’une nouvelle rose et parcours Roses & Pivoines dans les jardins, etc.
À l’orangerie du château de Bois-Préau du 22 au 25 mai : Quatrième édition du Festival des Premiers Romantiques : La nature est musique à déchiffrer. Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau Avenue du château de Malmaison 92500 Rueil-Malmaison https://musees-nationaux-malmaison.fr/
TALMA ET NAPOLÉON AU MUSÉE NATIONAL DE LA MAISON BONAPARTE À AJACCIO
À partir du 20 mars 2026, le musée national de la Maison Bonaparte à Ajaccio présente, en partenariat avec la Comédie-Française et en lien avec son mécène, le groupe AG2R La Mondiale, une exposition consacrée au tragédien François-Joseph Talma (1763–1826) et aux liens singuliers qui l’unissent à Napoléon Bonaparte. À travers cette figure majeure de la scène française, l’exposition éclaire la place du
théâtre entre la Révolution et l’Empire et interroge son rôle dans la construction de l’image du pouvoir consulaire et impérial. Le parcours, construit à partir des collections du château de Malmaison et de la Maison Bonaparte, et enrichi de prêts exceptionnels de la Comédie-
Française et d’autres prêteurs, invite le visiteur à suivre les pas de Talma « sur les planches de sa vie », théâtrales comme politiques.

Talma, itinéraire d’un tragédien
À l’appui d’une quarantaine d’œuvres — peintures, dessins, estampes, objets d’art, livres et manuscrits —, l’exposition explore la carrière de Talma et ses grands rôles du répertoire classique et contemporain. Le visiteur découvre ainsi, à travers le parcours proposé, un monde théâtral traversé par les bouleversements politiques et sociaux de la Révolution. Sur scène comme dans les salons, la notoriété de Talma s’affirme rapidement. Il incarne un renouveau de la tragédie : les costumes s’accordent aux sujets représentés ; l’art déclamatoire évolue ; le jeu recherche naturel et vérité.
L’Empereur et l’acteur Napoléon montre un goût marqué pour les spectacles, en particulier le théâtre. Son intérêt
pour la tragédie, les dramaturges classiques et les modèles antiques révèle ses affinités intellectuelles et littéraires avec Talma. Depuis leur rencontre, leurs trajectoires se croisent régulièrement. Napoléon fait du théâtre un instrument du pouvoir : Talma en est l’un des
hérauts. L’acteur converse avec lui sur la tragédie
et reçoit gratifications et émoluments, signe d’un
soutien constant. Malgré la chute de l’Empire,
leurs fidélités se poursuivent. Le Mémorial de
Sainte-Hélène lui consacre un hommage que l’acteur rend sur scène à Napoléon après sa mort.
Leur connivence se prolonge au-delà de la vie, nourrissant une légende commune dont, parmi d’autres, Gérard de Nerval se fera l’écho.
Photo : Talma en Oreste dans Andromaque de Racine Merry-Joseph Blondel (1781-1853) Vers 1800 Huile sur toile h. : 41,8 cm ; l. : 31,5 cm Paris, Comédie-Française © P. Lorette, coll. Comédie-Française
LE SURVOL DE ROME AU MUSÉE NATIONAL DE L’ILE D’AIX

Entrée à Rome des troupes françaises commandées par le Général Berthier, le 11 février 1798 Giuseppe Pietro Bagetti (1764-1831) (attribué à) Aquarelle h. : 80 cm ; l. : 118 cm Île d’Aix, musée Napoléon © GrandPalaisRmn (musées de l’Île d’Aix) / Gérard Blot
L’entrée des Français à Rome donne au spectateur l’illusion de survoler la « capitale du monde ». L’occupation de la Ville éternelle par les troupes françaises, le 11 février 1798, scellait pour ainsi dire la première campagne d’Italie que Bonaparte continuait de diriger depuis Paris.
C’est précisément le moment où les Français franchissent le pont Milvius et pénètrent dans Rome par la porte du Peuple que Bagetti représente. Il se place sur les hauteurs du Monte Mario, à l’endroit où Berthier avait, lui, établi son quartier général. L’intérêt de cette vue dépasse largement le fait militaire. Son véritable propos est ailleurs : c’est Rome dont les ruines interrogent sur les vicissitudes du temps. Goethe, lors de son séjour en 1786, avait noté combien il était difficile de distinguer les strates des différentes époques qui s’entremêlent et forment une sorte d’amoncellement d’où surgit une diversité infinie de paysages, de palais et de jardins. À travers l’œuvre de Bagetti, cette présentation se propose de dévoiler la fascinante stratification qui confère à la Ville éternelle toute sa singularité.
Maison Bonaparte Rue Saint-Charles 20000 Ajaccio. https://musees-nationaux-malmaison.fr/musee-maisonbonaparte/
Du 20 mars au 30 juin puis du 1er au 30 septembre : Talma et Napoléon
Musées nationaux de l’île d’Aix (Donation Gourgaud) https://musees-nationaux-malmaison.fr/musees-napoleonien-africain/
Du 17 juin au 28 septembre : Le survol de Rome en 1798, Giuseppe Pietro Bagetti
















