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N°93 – Trésors européens de notre patrimoine

La légende de nos siècles

« Chaque jour quelque vieux souvenir de la France s’en va avec la pierre sur laquelle il était écrit. Chaque jour nous brisons quelque lettre du vénérable livre de la tradition… À quoi servent ces monuments ? disent-ils. Cela coûte des frais d’entretien, et voilà tout… Depuis quand ose-t-on, en pleine civilisation, questionner l’art sur son utilité ?
Malheur à vous si vous ne savez pas à quoi l’art sert ! On n’a rien de plus à vous dire. Allez ! démolissez ! utilisez ! Faites des moellons avec Notre-Dame de Paris… Tel propriétaire ignorant vendra le Parthénon pour le prix de la pierre ».
Victor Hugo – Guerre aux démolisseurs

Grâce à Victor Hugo, George Sand et quelques autres esthètes, une prise de conscience nationale allait se créer. Des lois furent votées pour sauver ce que l’on pouvait préserver de notre patrimoine, alors que l’on avait commencé de le détruire allègrement, au nom du progrès, du confort et du moindre frais. Le précieux travail de Stéphane Bern continue le même combat. Il nous rappelle que ces vieux immeubles et ces pierres ont une vieille âme. Il sauve ainsi l’immatériel du matériel pour donner un sens à notre futur. Une civilisation doit regarder son passé et l’avenir du monde dans le même champ de vision. C’est une question d’équilibre spirituel.
La civilisation romaine assimilait toujours la puissance du passé avec celle du présent. Elle conserva les Dieux des territoires conquis. Le christianisme, à son tour, intégra dans sa représentation divine le sens artistique des mondes païens et leur idéal de chevalerie. Cette influence est toujours d’actualité, dans nos châteaux, dans l’architecture classique de nos villes ou encore dans la statuaire plus tardive.

Ce numéro de La Revue de l’Histoire a été réalisé en forme d’hommage à tous ceux qui travaillent, dans le public ou le privé, à mettre en valeur notre patrimoine européen : il vise le monde futur qui est à la recherche de son âme prochaine. Il sera vivant dans quarante siècles si nous le voulons.

Matthieu Delaygue